Mon parcours

Yves Linès

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L’année 1990 me confronta brutalement à ce que nous appelons la mort, mon cartésianisme et mon rationalisme d’alors me placèrent dans les griffes du désespoir que créent les gouffres d’ignorance face aux événements qui nous dépassent. Jusqu’à ce jour lorsque j’affrontais la « disparition » d’une personne de mon entourage, j’avais l’effroyable ressenti d’une finalité totale, absolue, de dissolution dans le néant. Mais en ce jour de l’Ascension 1990 qui me ravissait cet être adorée, ma mère, une force inconnue tout en moi refusait la réalité apparente de cette rupture. Dans l’essence même de mes fibres s’élevait comme un postulat, le ressenti que cette mort ne pouvait être un terme, ni une fin…


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 La force de cette impression, de ce ressenti, comme tout aussi omniprésent ce refus de la perte irréversible qui hurlait de toutes mes entrailles, me conduisirent impérieusement à la nécessité de vérifier si cet Au-Delà dont on m’avait parlé enfant, dans les temps de mon éducation religieuse, et sur lequel j’avais au cours de ma vie glané épisodiquement et sans grand intérêt, quelques informations de sources différentes, constituaient bien une vérité.

J’entrepris dès lors une quête dont le premier chapitre fut essentiellement livresque, et qui déjà m’apportais les prémices d’une vision différente sur mes convictions antérieures. Je dévorais avec boulimie nombre d’ouvrages sur la métaphysique, la spiritualité et l’Après Vie, allant des docteurs Sterling et Murphy, à Jean Prieur, Anne-Marie Lionnet, Patrice Van Eersel. Maints écrits, mais guidé dans mes choix d’auteur par leur éthique, leur impartialité ou leurs propres expériences en ce domaine. Chacune de ces nouvelles connaissances que j’assimilais construisait les fondations d’une compréhension toute différente à celle qui avait toujours été mienne.

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Francois Brune

Ce fut le livre du Père Brune : « Les Morts nous parlent » qui m’éclaira un chemin nouveau, d’abord par son contenu bien évidemment, qui m’encourageait dans mes espérances et que je conseille vivement à tous ceux qui commencent une recherche, puis dans sa bibliographie où je trouvais référencé le livre de Monique Simonet : « A l’écoute de l’invisible », qui y relatait, mais surtout enseignait la pratique de la Trans communication, cette technique qui permet par le truchement d’un magnétophone et d’un micro extérieur, l’enregistrement des voix de ceux qui nous ont précédés dans l’Au-Delà.

Sublime espoir par ce livre, puisque sous mes yeux défilaient des mots, des phrases magnifiques qui affirmaient la possibilité d’établir un pont entre les deux mondes. Un point lumineux apparaissait enfin à l’horizon de ma vallée des ténèbres. Un point qui allait grandir et s’amplifier lorsque après 3 mois d’essais personnels le Miracle tant espéré se produisit. La voix de maman qui s’adressait à moi depuis l’autre monde s’imprima sur une cassette, l’intonation bien reconnaissable de l’être si cher et qui, Ô Grâce supplémentaire me donnait de surcroît, par une expression qui lui était familière et qui entérinait ainsi la preuve de son intervention, la confirmation majestueuse de la Survivance.

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Dès lors mon cheminement s’est accéléré ; a commencé en tout premier lieu bien sûr la remontée de ce gouffre de la désespérance, puis vint le désir de venir en aide à tous ceux qui parcouraient ce même chemin de croix. Depuis 18 ans j’ai été amené à effectuer plusieurs centaines d’enregistrements mis au service de toutes personnes qui m’en faisaient la demande. Au cours de toutes ces années de pratique de la T.C.I., (Abréviation des mots de Transcommunication Instrumentale), la certitude que j’ai pu acquérir a forgé ma totale conviction que ce pont peut réellement être établi, et que cette passerelle nous relie assurément à ce que nous nommons l’Au-Delà. Et cette conviction s’est érigée comme se monte un puzzle, par tous les fragments découpés qu’il m’a fallu assembler pour constituer la fresque de ma certitude.

Principalement dans ce qui nous anéanti après un décès, même pour ceux dont la croyance en la survie est établie de par une foi initiale, c’est ce manque de la présence physique, dont le toucher, le contact plutôt et le parler en constituent l’essentiel. Ces sons, ces paroles qui s’impriment par enregistrement sur la bande magnétique peuvent ainsi être entendus par tous et réécoutés à tous les moments d’une résurgence de notre douleur.

Au regard inquisiteur des sceptiques comme à celui des détracteurs, l’important, le seul critère qui fait pour eux référence de preuve, est la confirmation par une étude scientifique. Je m’empresse de faire une parenthèse pour les rassurer et leur dire que des analyses ont été effectuées par des ingénieurs en acoustique dont je vous passerai les détails techniques, mais que l’on pourra trouver dans divers ouvrages sur la transcommunication, et qui confirment que ces voix enregistrées ne peuvent être émises par des cordes vocales humaines, mais ont toutes les caractéristiques de voix dites paranormales.

Pour nous transcommunicateurs, comme pour tous ceux qui sollicitent ou sont sollicités par l’Au-Delà, la preuve de cette réalité s’acquière en deux phases. Tout d’abord par celle du ressenti qui dépasse tout entendement que ce que nous vivons est une vérité qui ne peut s’exprimer avec des mots, mais qui émane et irradie de toutes les fibres de notre être, Il n’y a pas d’explication, il faut avoir l’humilité d’admettre qu’il existe des phénomènes qui échappent à notre perception ; que la raison ne peut tout expliquer, comme l’écrivait Pascal : « L’ultime démarche de la raison est d’admettre qu’il y a une infinité de choses qui la surpasse ». La seconde phase qui forge notre certitude est constituée par ce que nous qualifions de rapport de preuves. Nous en avons tous eu ou entendu. L’Au-Delà m’en a comblé et dans plusieurs domaines. Paradoxalement, en ce qui me concerne, dans ma quête personnelle ce n’est pas la transcommunication qui m’a donné mes plus beaux contacts avec l’Ultra Monde, mais la rencontre avec des médiums. La médiumnité, comme l’écriture automatique ou inspirée sont de merveilleux canaux qui permettent une liaison, il faut le dire, beaucoup plus complète par la possibilité de messages plus longs et plus explicites.

Tout au début de mes investigations, sans l’avoir recherché cependant, mais c’est souvent dans ces cas d’une non attente que se concrétise une intervention qui en garanti de la sorte l’authenticité, j’avais eu la Grâce d’obtenir par l’intermédiaire d’une médium à incorporation une communication de mes deux parents depuis l’autre côté du voile, communication qui ne pouvait laisser planer aucun doute sur la certitude du contact établi, ceci par des détails tout personnels et par des réponses obtenues que moi seul était en mesure de comprendre parce qu’elles répondaient à des interrogations secrètes. Dans ces débuts de mon épreuve se sont succédés beaucoup de signes qui m’affirmaient que nous sommes de toute éternité. Dans les tous premiers Maman se manifestait directement, sans intermédiaire, et je la béni de remerciements d’avoir par sa force d’amour utilisé toutes les brèches, tous les canaux qui lui permettaient de revenir jusqu’à moi.

Les mois qui suivirent son départ furent prolixes en interventions, il en est une particulièrement qui me ravi et m’émerveille encore plus aujourd’hui après ces quelques années passées, Je souligne encore plus aujourd’hui, car j’ai pu me rendre compte depuis qu’au temps de ses réalisations je n’étais pas en mesure d’en saisir pleinement toute la portée considérable.

Il m’arrivait parfois, je précise encore, jamais à la demande exception faite d’un cas ou deux, de recevoir en moi « la visite de Maman ». Cela se produisait toujours au petit matin lorsque je venais juste de me réveiller, le moment où nous sommes tous durant quelques minutes, comme tout au long de notre sommeil, en état alpha, l’état où notre conscience est encore pour quelques instants en lâcher prise. Je ressentais alors une force pénétrer en moi au niveau du plexus, cette force me submergeait et j’avais l’impression suivante qu’elle me soulevait du lit comme si j’étais en lévitation. Je n’ai jamais regardé en arrière pour constater si effectivement je m’élevais, ces moments étaient assez brefs, le temps peut-être de compter jusqu’à 10. La première fois je fus assez impressionné et même un peu apeuré sur l’instant, et je me souviens avoir fait un mouvement comme pour rechercher à reprendre une respiration. Les fois suivantes où cette manifestation se renouvelait je restais plus serein, j’avais le ressenti profond que ces visites étaient bien celles de maman. Mais dans mon rationalisme qui demeurait encore en filigrane il me fallait une preuve plus formelle. C’est ainsi qu’un matin où se réitéra le phénomène, j’eus la présence d’esprit, (c’est le cas de le dire), de formuler cette demande : « Si c’est toi maman, caresse moi la main », et instantanément sur ma main droite posée sur ma poitrine, je ressenti nettement un doigt qui caressait le dessus de mon pouce.

Cette façon ne fut pas faite au hasard, mais bien pour confirmer encore plus sa réelle présence. Une année lorsqu’elle était ici, elle avait eu le poignet droit cassé consécutif à un petit accident ; le plâtre qu’on lui avait mis avait été mal positionné, et par la suite elle ressentait parfois une douleur lancinante dans la main au niveau du pouce qu’elle massait souvent, notamment je la revois le faire en regardant la télévision. Elle avait tenu à reproduire le même geste identique sur ma main prouvant ainsi sa venue depuis l’autre Monde.

Ce ne fut pas la seule manifestation et par bien d’autres manières encore elle me fit savoir, par ses interventions, que les liens d’Amour perdurent à jamais, que tout continue. Je me souviens de même d’une nuit vers les 3 heures du matin, (où je quittais une permanence que j’assumais à mon bureau), partir à pieds pour regagner mon domicile faute de transports à cette heure tardive. Je marchais dans la rue principale de Toulouse, absolument déserte à cette heure là bien sûr, lorsqu’en passant face à la devanture d’un magasin de vêtements, je sentis omniprésent le parfum favori de maman ; très vite dans mon mental, mon rationalisme enregistra le fait notable que je me trouvais seul dans cette grande artère, et par conséquence aucune personne ne me précédait sur le trottoir ni n’avait pu me doubler ou me croiser et qui aurait été susceptible de porter ce même parfum dont l’essence aurait de la sorte flotté dans l’air. Emporté dans l’élan de la marche je dépassais le magasin et dans le même temps s’arrêtait cette effluve. Je stoppais net et revins en arrière, à nouveau la fragrance venait me chatouiller délicieusement les narines. je fis plusieurs fois l’expérience de m’éloigner du magasin et l’odeur en faisait autant puis d’y revenir et le parfum se faisait sentir alors. Je réalisais en un premier temps que si cette manifestation avait lieu devant ce commerce ce n’était pas non plus le fruit d’un pur hasard, (d’ailleurs le hasard n’existe pas, ce que nous nommons le hasard n’est-il pas le doigt de Dieu ?).

Ce magasin était si je puis dire lié à une époque particulière de ma vie ; ensuite l’odeur de ce parfum se faisait insistante devant un point précis d’une des vitrines, à l’endroit même où était inscrit sur le verre le nom ; Yves Saint Laurent, indiquant que l’établissement était dépositaire de la célèbre marque. Et c’était là que résidait la perfection du signe qui m’était accordé, puisque le parfum favori de maman avait pour appellation : « Rive Gauche », d’Yves Saint Laurent ; mais de surcroît j’y voyais aussi et encore un complément par le prénom d’Yves qui est aussi le mien.

Comme je le soulignais plus avant, des signes il en vint dans plusieurs domaines et notamment dans ma pratique de la transcommunication où je vous en relaterai deux parmi tant d’autres, particulièrement probants. Je suis également assez souvent amené par invitation à faire des conférences sur la T.C.I. Un jour je fus pressenti par mes amis Liliane et Jean Michel fondateurs de l’association « Convergence » à Aix en Provence, pour faire une intervention. J’étais donc dans cette belle ville des Bouches du Rhône, je venais de terminer mon exposé lorsqu’une participante dans le public sollicita la possibilité d’effectuer une expérimentation en direct dans la salle. C’est une demande à laquelle pour maintes raisons justifiées tous les transcommunicateurs conférenciers préférons ne pas accéder. Principalement parce que nécessite un certain contexte dirais-je et un état d’esprit qui puissent favoriser des vibrations requises pour une interpellation de l’invisible, et de ce fait, face à un public nombreux qui implique l’émission de divers bruits qui se révèleraient gênants, nous ne pouvons être assurés que le contact sera des plus positif ou répondra à ce moment précis aux espérances souhaitées. A cela s’ajoutent que toutes communications avec l’Au-Delà n’est pas un phénomène presse bouton. Compte tenu de ces considérations et après les avoir détaillées à l’assistance, ma première réaction fut de ne pas accéder à cette demande ; mais la requête fut maintenue et venait s’y ajouter en chorus le désir similaire d’autres personnes. Quatre « contacts » m’étaient maintenant demandés, quatre jeunes gens à appeler pour les parents de chacun, présents dans la salle. Après avoir tergiversé encore, je fus amené par un enchaînement à accepter, et je m’entendis dire oui.

C’est avec une grande appréhension que je sortis de la salle quelques minutes pour m’isoler afin de pouvoir mieux me recueillir, comme je le fais habituellement avant chaque contact que j’effectue, mais particulièrement en cette situation pour demander une aide exceptionnelle de la part de tous nos aimés et amis de l’Au-Delà, ou plutôt une mobilisation générale. C’est encore cependant avec toujours la même appréhension que quelques instants plus tard l’expérimentation en direct commençait. J’interpellais chacun à leur tour bien sûr ces quatre jeunes gens. Je m’enquerrai tout d’abord de leur éventuelle présence, et posais diverses questions qui pourraient prodiguer à leurs parents très affligés par cette séparation, un peu de réconfort susceptible de les aider à supporter et surmonter leur terrifiante épreuve.

L’un des garçons se prénommait Frédéric, et je fus amené entre autre à lui demander s’il pouvait dire qu’elle était la personne qui l’avait accueilli à son arrivée dans l’autre Monde, Lorsque nous réécoutâmes tous ensembles ces enregistrements, à cette question précise l’on pu tous entendre la réponse audible d’une voix d’homme nous dire : « c’est Henri »’. Je ne puis traduire l’intensité de l’émotion des parents de Frédéric, dont la maman nous apprit alors qu’elle avait toujours demandé à son propre père, ( qui se prénomme Henri), depuis que celui-ci était parti bien avant dans l’Au-Delà, de veiller, d’aider et de prendre soin de Frédéric durant sa vie sur terre, mais aussi maintenant que le garçon se trouvait avec lui dans l’Invisible. Ainsi cette maman et ce papa venaient d’avoir la confirmation que le grand-père veillait encore sur son petit-fils, puisqu’il l’avait aussi accueilli à son arrivée. (J’ajouterais que nous avons réceptionné de même des interventions mais plus au moins audibles des trois autres jeunes gens interpellés).

Il nous était donné non seulement la preuve de la survivance, mais également démontré la réalité de la T.C.I., puisque je posais la question sans autres précisions particulières, ne détenant aucune information préalable par les parents concernés, que je rencontrais ce jour là pour la première fois.

Comme je l’ai dit, la médiumnité est un merveilleux canal aussi et qui permet une liaison plus complète par la longueur des messages que nos invisibles ont la possibilité d’émettre. Ceux réceptionnés en transcommunication sont beaucoup plus ténus, de 2 à 5 mots, il y a eu plus rarement des phrases de 10 à 12 mots. Il serait hors de mes propos cependant de privilégier un moyen plus qu’un autre tant chacun est complémentaire. J’ai été le témoin direct de manifestations dans lesquelles T.C.I. et médiumnité entérinaient sa propre réalité, mais aussi celle de l’autre.

Un jour me parvint la demande d’une dame, Madame M., demeurant près de Lille dans le Nord, qui souhaitait à la suite du décès de son fils Tony, un contact avec lui en transcommunication. Dès qu’il me fut possible je commençais les enregistrements avec ce garçon. J’en vins à lui demander à une de mes questions de dire quelques mots pour réconforter sa maman ; il répondit-  » Je pourrai l’écrire ». Un peu intrigué par cette réponse dont je ne saisissais pas le sens, je téléphonais à madame M. pour l’informer de ce curieux message ; celle-ci m’apprit que depuis quelques jours s’était établie entre elle et Tony une communication par écriture médiumnique.

Lorsque j’eus terminé tous les contacts avec son fils, je lui fis parvenir une cassette sur laquelle j’avais doublé toutes les réponses que l’on m’avait permis d’obtenir. Par retour cette maman m’exprima sa joie et son bonheur, et m’informa qu’elle avait également reçu un message de Tony disant qu’il était à présent mon ami et me demandait aussi de ne pas interrompre le contact avec lui car il se proposait de m’aider pour la transcommunication depuis l’autre Monde. Je dois avouer qu’en mon for intérieur je ne crus pas à cette information, et nourris même la coupable pensée que cette maman s’était leurrée, ou avait eu une compréhension erronée du message, voire même tentait une manoeuvre, toute légitime, afin que je puisse continuer d’appeler son fils.

Le temps passa durant lequel affluaient les demandes de personnes en douleur, au regard du grand nombre en instance j’effectuais chaque contact d’une durée bien plus longue que celle qu’il est conseillé de faire, soit 10 à 15 minutes au plus, alors qu’à présent je poursuivais un même enregistrement jusqu’à plus d’une heure. Lorsque je réécoutais ces appels afin de procéder à l’isolement des messages, j’entendais bien souvent d’autres voix m’intimer en cours l’ordre d’arrêter, de cesser la liaison. Cependant je passais outre par un raisonnement qui me faisait penser que plus long serait le contact, plus grande serait la possibilité de réceptionner le maximum d’interventions qui me permettraient de répondre plus rapidement à l’attente des personnes qui me sollicitaient. C’est ainsi que je ne tenais aucun compte des injonctions impératives qui m’étaient faites par l’Au-Delà, et c’est dans cette continuité d’une erreur de mes débuts que je reçus un jour un appel téléphonique de madame M. qui me laissa confondu par sa teneur : « Mr Linès me dit-elle,je reçois à votre intention un message de mon fils Tony en écriture médiumnique ; il vous fait dire que lorsque l’on vous demande d’arrêter le contact, de stopper immédiatement »

A quelques temps de là un nouveau fait extraordinaire et marquant se produisit par une autre intervention de Tony, en rapport cette fois-ci avec le courrier d’une dame et consécutif à l’envoi d’une cassette de messages obtenus lors d’enregistrements que cette personne m’avait demandés d’effectuer aussi avec son fils, en T.C.I. Contrairement à tous ceux pour qui je fais ces contacts et qui m’adressent par la suite des lettres témoignant de leur bonheur, du réconfort et de l’espoir retrouvés ; cette fois-ci la maman concernée me faisait part de son mécontentement, n’étant pas satisfaite de la teneur des messages reçus. Je dois avouer que son comportement m’avait quelque peu heurté, non seulement au regard du travail et des difficultés, mais de tous les paramètres qui entrent en considération dans la pratique de la transcommunication. Il est cependant courant de constater combien nombre de personnes nourrissent le sentiment que ce moyen de communiquer avec l’Au-Delà est aussi aisé à leur entendement qu’un appel téléphonique, jusqu’à ne pas avoir la notion de l’extraordinaire du phénomène et de sa complexité. Cette forme de pensée est sûrement due à la facilité et la banalisation avec lesquelles s’établissent de nos jours les communications terrestres.

Ainsi donc la lettre de cette maman exprimait malgré les beaux messages de son enfant une insatisfaction presque agressive. Cela se passait dans mes débuts et j’étais alors encore empreint des fluctuations d’un caractère qui m’amenait à m’emporter assez facilement. Je fis donc à cette dame une réponse quelque peu mordante dont la trame étant de lui faire ressortir son exigence et son manque de réalisme par rapport à la nature de ces contacts. C’est alors que quelques temps après l’envoi de ce courrier je reçus un nouvel appel téléphonique de madame M…, qui me communiquait un autre message de son fis Tony, adressé à mon intention toujours par écriture : « Mon fils vous fait dire cette fois, d’aider les gens sans aucun reproche ». (Je précise encore que madame M. réside à environ 800 kilomètres de Toulouse et n’était au courant en rien de mes comportements.

Je pense qu’au vécu de ces faits concrets il nous est également possible de saisir toute la portée des Grâces qui peuvent nous être accordées. Dans les deux derniers exemples que je viens de relater, je perçus le double effet des messages de remontrances que m’adressait cet ami de l’Invisible. Il y avait certes en priorité la réprimande qui me tançait pour les erreurs commises, mais bien plus encore la compréhension d’un autre éclairage qui mettait en lumière un sublime cadeau de l’Au-Delà qui m’octroyait par la complémentarité de deux de ses canaux, médiumnité et transcommunication, une preuve de sa réalité dans une période de mon cheminement parfois troublée par quelques sournois assauts du doute.

Je conclurai en vous livrant ma conviction que seul par l’Amour incommensurable que ’l’on » nous porte, il nous est envoyé sur nos chemins d’épreuves, et notamment celui terrible du deuil, des oasis d’espoir et de réconfort en permettant que le voile s’entrouvre. Chaque moyen de contact peut se révéler sublime s’il est porteur d’espérance en nous amenant à comprendre et à nous dépasser ; mais à la condition que nous ne les utilisions pas seulement comme des béquilles à la Foi ou pour nous soutenir uniquement dans notre chagrin, mais aussi bien sûr avec beaucoup de prudence et de discernement.

                                           Le livre d’Yves Linès  » Quand l’Au-Delà se dévoile »

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« L’épreuve du deuil nous place à l’orée de deux chemins : L’un peut conduire au gouffre de la désespérance et l’autre peut nous mener à l’éclatante résurrection de notre esprit par la vérité de notre survivance. C’est le second qu’Yves Linès a emprunté. Après le décès de sa maman il a refusé la mort néant, et voulu vérifier le précepte de la vie éternelle. Ses recherches éclectiques témoignent du sérieux de ses investigations et ont fissuré le mur de son cartésianisme qu’il croyait pourtant inébranlable. La technique de la transcommunication qu’il pratique depuis vingt six ans et qu’il nous explique, lui a permis d’entendre à nouveau la voix de sa mère depuis l’Au-Delà, en prouvant que le contact est possible avec ceux que l’on appelle les morts. Les témoignages d’E.F.M (Expériences aux Frontières de la Mort), comme tous les autres canaux de communications avec l’Invisible lui ont apporté la preuve tangible que la mort n’est qu’une séparation provisoire et que nous serons à nouveau réunis.

Yves Linès nous fait part des preuves qu’il a rassemblées, sur plus de vingt années d’investigations, comme de sa réflexion qui lui font dire maintenant lors de ses nombreuses conférences : « J’ai plus que la Foi en notre immortalité, j’ai acquis aujourd’hui la certitude »

Nos Chemins de Croix

Nous sommes très souvent dans l’association, confrontés soit par les questions qui nous sont formulées, soit par les personnes que nous sommes amenés à croiser dans leur dur cheminement, aux multiples interrogations que pose tel ou tel acte ou comportement antérieur à l’encontre d’un être aimé maintenant dans l’Invisible. Sur ce qu’il eût fallu accomplir ou ne pas faire, comme sur notre conduite après leur départ qui, dans leur « nouvelle vie », pourrait risquer de les peiner, de les contrister ou de les blesser. Plus même, créer en eux une douleur qui aurait encore pour conséquence d’augmenter la nôtre.

A ces questions intérieures qui sont, bien sûr, la résultante d’une compréhensible inquiétude dans notre Amour pour eux, vient se greffer de surcroît dans une convergence plus matérialiste, l’esthétique de la façade que doit avoir notre deuil aux yeux de ceux qui se sont envolés, comme au regard inquisiteur de ces autres qui évoluent ici autour de nous. Autant de pensées qui viennent ajouter le poids de leur pesant fardeau à celui déjà si lourd du départ de l’être cher.
Combien de fois avons nous entendu et même nous sommes nous dit : « J’aurais dû faire ceci ou agir comme cela,… avoir ce geste mais pas celui là, …j’aurais dû dire ces mots mais ne pas prononcer ceux là… » ? Tant de regrets et de pernicieux tourments qui accourent et font escorte au chagrin de l’absence pourtant en lui-même si intense. Un implacable chemin qui conduit à notre Golgotha.

Tous ces dilemmes intérieurs, tous ces cas de conscience nous ont aussi assaillis, agressés et emprisonnés dans les premiers temps de la douleur ; ils auraient sûrement fini par nous séquestrer si, dans nos quêtes personnelles que nous avons entreprises, nous n’avions pu trouver les réponses qui nous délivrèrent de nos angoisses, de nos peurs mais aussi de nos culpabilités.
Nous savons maintenant que tous les griefs, tous ces reproches que nous formulons envers nous-mêmes ne sont qu’erreurs et vains remords. Chacun de nous a songé ou pense encore à tous ces manques, comme à ces manquements qui nous accablent par la peur qu’ils font naître. Mais la peur de quoi ? Quelle peur ? Celle de craindre que l’Amour que nous portent ceux qui s’en sont allés devant, soit terni ou entaché ?
Ne serait-ce pas penser que cet Amour est bien frileux ? Non ! ! Soyez rassurés, l’amour, le vrai dont nous vous parlons, l’amour qui possède cette puissance oméga est à l’image de « CELUI » qui l’a crée et dont il est Source. Un Amour au-dessus de tout, au-dessus de nos doutes et de nos craintes, de nos fautes et de nos faiblesses aussi ; c’est de cet Amour dont sont pétris les êtres qui nous attendent.
De l’autre côté du voile ne nous disent-ils pas combien les sentiments sont magnifiés, parce que perçus épurés de tout ce qui les empêchait ici de tendre au paroxysme. C’est de cet Amour, de ces sentiments ressourcés que nous chérissent ceux qui nous seront rendus. Ce n’est point ces peurs, ces craintes, ces angoisses ou ces doutes qui peuvent faire vaciller de telles fondations ni fissurer un tel roc. Ils n’ont d’autres effets délétères et coupables que de peiner par le ressenti de la douleur que l’on se forge, ceux-là mêmes que nous voulons dans un bonheur indicible.

Nous sommes nature humaine, pétrie de force et de faiblesses, et peut-être faut-il penser que ces défaillances sont paradoxalement voulues, peut-être même salutaires serait-il aussi permis d’ajouter. Ce sont ces faillibilités qui vont conduire un autre à se pencher vers nous, à vouloir nous apporter son aide, nous soutenir, tissant ainsi des liens qui pourront également mener de l’amitié à un amour profond. Si nous n’étions que force, non pas physique bien sûr, mais d’esprit, ce potentiel ne nous emmurerait-il pas en nous même ? La force ne nécessite aucune aide, elle est ! et se suffit à elle-même, parant de tout, n’ayant nul besoin de quémander auprès de quiconque.

Donnons encore plus à ceux qui nous aiment maintenant, la possibilité de mieux nous aider. Tout ce qui peut nous submerger et nous amener à penser que ce furent autant de pierres manquantes ou de meurtrières dans la forteresse de notre amour pour eux, doit être exorcisé. Il est force de constater combien notre chemin de douleurs est jonché de roches tarpéiennes qui nous précipitent dans les limbes d’une négativité qui peut stigmatiser à tous les niveaux.

De même ne soyons pas subordonnés à des contraintes plus matérialistes qui sont souvent le fruit d’une perception faussée, à laquelle notre désarroi nous fait accorder une valeur qui ne devrait pourtant rester que toute relative. Ne focalisons pas sur le décorum que veulent et imposent les us et coutumes. Le chagrin et l’amour ne se mesurent pas, ni ne s’évaluent guère aux flots de larmes versées, ni à la qualité du bois du cercueil ou encore à la taille du caveau, comme au nombre de pots de chrysanthèmes déposés à la Toussaint.
Tout ce qui sert, souvent pour certains autres, qui nous regardent dans notre deuil, à faire monter le mercure au baromètre mesurant pour eux la pression de la douleur qui nous étreint et de l’amour que nous disions porter.

N’ayons qu’une seule optique, unique et primordiale, nous aimons nos chers Invisibles et ils nous aiment dans la même continuité, rien ne s’arrête avec un « Envol » mais tout s’amplifie et se sur-dimensionne quand le lien puissant de l’amour existe.
Nous n’avons jamais reçu dans nos contacts en transcommunication un quelconque message de reproche ou de rancœur. Les seuls réceptionnés pour une personne aimée, encore ici, qui se culpabilisait ou se flagellait l’esprit, étaient au contraire les messages qui rassurent et ceux qui réconfortent.
Cependant, qui pourrait blâmer après l’avoir vécu lui-même, tous ces pénitents qui s’engagent dans le labyrinthe de la douleur aux inextricables dédales qui rendent l’avancée périlleuse ? Même ceux qui savent que tous ces chemins de croix empruntés par nous, dans une des épreuves les plus terrifiantes qu’il soit donné, comme dans certains moments particulièrement pénibles de notre parcours terrestre, doivent conduire à une résurrection de l’esprit et non au calvaire de notre crucifixion.

Le Départ Volontaire

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Dans tous les chemins du deuil, il en est un aussi qui peut marquer plus particulièrement. Tous ceux qui ont eu à vivre le « départ » d’un être aimé pour l’autre rive de la vie, connaissent les sentiments qui nous agressent dans ce terrible évènement : désespoir, douleur, immense peine qui déchirent l’âme. Puis l’esprit prend le relais lorsqu’arrive insidieusement le moment terrifiant où défile, pour ceux qui restent, le film de l’existence. Le découpage des instants vécus avec lui, dans lequel le moindre petit détail dans ce que nous jugeons comme des manquements à son égard, prend des proportions considérables ou même démesurées, et nous précipite un peu plus bas dans la géhenne de nos émotions. C’est l’instant inéluctable de cette nouvelle phase dans notre douloureux cheminement : la culpabilité.

Cet état affectif est porté au paroxysme lorsque le départ de l’être cher est un « départ volontaire. » Le suicide laisse ceux qui y sont confrontés face à un autre abîme d’incompréhension, par les maintes interrogations qu’il soulève, et auxquelles ne peuvent plus que répondre les hypothèses. Les pourquoi sont incommensurables d’ignorance et de terreur. C’est principalement le Chemin de Croix des parents qui ont vu un enfant partir de son libre arbitre.

Ces pourquoi se bousculent dans une suite de suppositions : « Qu’ai-je fait ? … Qu’ai-je dit ? … Que n’ai-je pas fait ? … Qu’aurais-je dû dire ? » … Cette trame, je l’ai vécue en spectateur impuissant lorsque maman a vu aussi quelques années avant son départ, mon frère, son enfant aussi, rompre de sa propre volonté le fil de son existence terrestre. J’ai assisté, sans les entendre, mais je les devinais dans l’attitude, aux reproches qui lacéraient cruellement ses fibres maternelles. Et pourtant, combien sais-je maintenant que toutes ces tortures sont vaines, que tous ces déchirements sont destructeurs autant pour celui ou celle qui est parti. Mais qui peut-être assez fort face à un tel évènement pour ne pas sombrer dans une faiblesse légitime… ? De surcroît, et très souvent, force nous pousse malgré nous à prendre en considération, parce qu’ issu toujours d’un conditionnement nocif, dû à une certaine éducation, combien le suicide est porteur d’un lourd passif de valeurs préconçues et de préjugés. Tous ces jugements formés par avance qui restent encore empreints dans les esprits, et contre lesquels je m’élève souvent avec indignation. Il fut un temps ou l’église catholique romaine condamnait cet acte en ne donnant pas les derniers sacrements à ceux qui l’avaient commis. J’ai été amené dans une recherche sur ce sujet à lire divers écrits, à compulser plusieurs textes qui m’ont apporté un ressenti de consternation sur l’aberration parfois possible de la pensée humaine.

L’on sait que l’appréciation morale, qui a toujours été portée sur le suicide, varie selon les convictions individuelles, les peuples et les religions. Je pouvais lire dans un chapitre concernant l’histoire des sociétés, que dans l’acte de se détruire est apparue une forme de rupture du lien social : « … Incompréhension, solitude, exclusion, désespoir qui sont très souvent une des causes, renvoyaient la société à ce qu’elle n’avait pas réussi à faire pour garder un être au sein de la communauté. Ce lien qui unit l’individu à la société est si fort que pendant de nombreux siècles, choisir de mourir était considéré comme une atteinte à l’Etat et poursuivi comme délit. Aujourd’hui encore l’aberration persiste pour certaines législations anglo-saxonnes, où cet acte individuel qu’est la tentative de suicide peut faire l’objet de poursuites judiciaires. Dans les sociétés où l’on considérait que l’individu a des devoirs envers la collectivité, il était perçu comme un acte d’insoumission, comme un défi, car pour celles-là, nier le fait social en se donnant la mort, était le constat d’un échec. L’homme est le fondement de la société, et celle-ci ne pouvait que repousser un acte qui est l’expression d’une faillite, de sa faillite, en mettant en exergue ses travers et ses faiblesses. »

« Pour d’autres, comme les partisans de la doctrine d’ Epicure, le suicide était un défi que l’homme lance à la vie en reconnaissant qu’il lui appartenait de pouvoir choisir une mort digne plutôt que la déchéance. Pour eux, le suicide pouvait être l’acte noble et responsable de celui qui constate en toute lucidité qu’il ne peut plus ‘remplir sa tâche’. Les Stoïciens y voyaient, eux aussi, la marque suprême de la liberté. »

En ce qui me concerne, je me garderai de faire preuve de casuistique, cette science des cas de conscience permettant de juger si un problème relevant de la morale est bon ou mauvais. Mon ressenti profond, tout en gardant la conviction que la vie est le bien le plus précieux qu’il nous ait été donné, m’amène à penser sincèrement qu’il y a des faits ou des actes qui ne peuvent être portés à notre analyse ou à notre jugement, parce qu’ils sont au-delà de notre entendement. Je reste persuadé que la seule attitude qui doit répondre aux choses et aux évènements qui nous dépassent, est la profonde humilité de reconnaître une fois de plus que nous ne possédons qu’une infime partie de la compréhension. C’est dans cette optique que doit encore plus répondre le seul sentiment de tolérance.

J’ai été amené à contacter en transcommunication, à la demande de parents, un jeune homme parti de sa propre volonté. Lors du premier appel il donna pour eux le message suivant : « Et vous oublierez », parlant ainsi du geste qu’il avait commis.

(Je vous fais écouter le message reçu dans le premier contact en TCI établi avec ce jeune homme. Lorsque je lui ai demandé de réconforter ses parents, il répondit :  » Et vous oublierez  » parlant ainsi du geste qu’il avait commis)

Au dernier enregistrement effectué il ajouta encore : « J’ai dit d’oublier », rappelant encore combien les faits, les causes, et ceci en toutes choses, n’avaient plus de l’autre côté l’importance que nous leur annexons ici. Il confirmait que maintenant, tout était épuré de ce qui faisait obstacle à tendre vers l’acquis de l’essentiel, l’essence même du Divin qui est en nous, et qui seul doit subsister comme réalité. Et cette essence se nomme Amour. Ces deux messages obtenus quémandaient en filigrane à ses parents de ne plus se crucifier, car leur torture enfantait la sienne, et l’entravait dans la liberté de son esprit.

(Lors du dernier contact établi avec ce jeune homme, je lui demandais avant de nous quitter de donner encore un message pour ses parents, il répondit : «  J’ai dit d’oublier « . Réitérant ainsi pour eux, qu’il était impératif qu’ils ne focalisent plus sur son acte, car leur état d’esprit le rendait malheureux, l’enfermant dans les conséquences de son geste)

Cette vérité me fut confirmée par d’autres parents concernés, qui me firent parvenir une lettre écrite par leur enfant juste avant le suicide. Des lignes rédigées dans le dernier sursaut de lucidité que donne l’amour ; des mots, des phrases adressés comme une prière intimant la supplique à ceux qu’ils allaient laisser, de les pardonner, et de ne surtout pas en porter la culpabilité. Ils authentifiaient leur acte en affirmant qu’il n’était en rien la conséquence d’une quelconque déficience de leurs chers parents, qu’ils adoraient toujours, et qu’ils continueraient de chérir autant dans leur avenir éternel.

Vous ! qui peut-être avez été confrontés dans votre chair à ce dilemme qui vous a suppliciés par le raisonnement aux prémices de votre épreuve, ou des hypothèses contradictoires. Vous qui n’avez pas eu ce « dernier testament », soyez assurés, soyez certifiés, soyez convaincus que si votre enfant trouvait l’opportunité ou la possibilité de vous faire parvenir un message, ce serait celui-là et rien que celui-là !

Dans une conférence, où participait le Père François Brune, je me souviens de cette dame qui en fin d’intervention, à l’instant des questions/réponses, demandait dans la fébrilité qui trahissait une inquiétude nourrie par ce qu’elle avait pu entendre un jour de domageable, sur l’éventualité d’une punition divine, ce qu’il advenait après leur « passage » à ceux qui avaient fait un départ volontaire. François eut cette très belle réponse : « si un être a commis cet acte, c’est qu’il était en grande souffrance morale ou physique, pourquoi voulez-vous lorsqu’il arrive de l’Autre Côté que Dieu, qui est tout Amour, en rajoute une couche ? »

Je tiens à ajouter un paragraphe primordial, un alinéa de mise en garde.

Quelques fois j’ai pu entendre de la part de personnes confrontées au départ volontaire d’un être cher, leur désir d’aller les rejoindre, de devancer l’appel aussi. Il faut alors faire une sérieuse mise en garde concernant ce funeste projet, et dire qu’un tel geste commis dans le dessein de retrouvailles anticipées, aboutirait à un effet tout à fait contraire. Nous en avons pour preuves divers témoignages unanimes émanant de Guides ou de personnes également dans l’ Au-Delà, ayant pour mission maintenant de dispenser un enseignement. Je puis entre autre, de même, citer le cas de cette maman qui après le décès subit de sa fillette de douze ans, avait planifié son départ pour aller la rejoindre, elle souhaitait en précéder l’heure bien plus rapidement. Elle avait gardé, mis de côté toute la médication prescrite par son médecin, tous ces cachets d’anti-dépresseurs destinés à pallier au choc du décès. Elle n’avait rien pris, mais tout stocké, afin que le moment décidé ces anxiolytiques avalés d’une seule prise, l’aident à faire le « passage ».

A quelques jours de la date planifiée, une jeune femme de ses connaissances qui possédait des dons de médiumnité, et qui communiquait avec son papa à présent de l’Autre Côté du Voile, par écriture automatique, lui fit la révélation d’un écrit qu’elle avait reçu depuis l’Invisible, et dont elle-même n’en comprenait pas la teneur. Le père se présentait cette fois comme un intermédiaire puisque celui-ci retransmettait plus exactement un message destiné à la maman, de la part de sa petite fille : « Maman ne fais pas ce que tu avais prévu, où tu ne me reverras pas ». Cette maman resta pétrifiée par un trouble tellement fort, qu’elle ne pouvait plus sur le moment réagir. Elle sut que le message venait bien de son enfant, puisque la jeune femme qu’elle avait devant elle ignorait absolument tout de son funeste projet, qu’elle avait nécessairement toujours tenu secret. Bien évidemment elle abandonna le dessein du départ volontaire qu’elle s’était programmé.

Ce fait que je viens de relater est conforme à ce que nous retransmettent les Guides, ou les Grands Messagers par l’intermédiaire des médiums, ou par toutes formes de contacts qui peuvent être établis. Aussi élevée, aussi dure que soit l’épreuve de la séparation par le « départ » d’un être cher, ne la rendons pas plus importante par un geste aux répercussions qui seraient inconsidérées et considérables ; car loin de nous rapprocher de nos aimés, le départ volontaire nous en éloignerait encore bien davantage.

Soyez assurés que ce que nous appelons la mort, n’est somme toute qu’une séparation provisoire, nous serons à nouveau réunis, mais à l’heure qui nous a été choisie, et non à celle que nous aurions éventuellement voulu décider.

LE DOUTE

LE DOUTE

Les sociologues s’appliquent de nos jours à dénoncer l’insécurité comme l’un des principaux fléaux de notre époque contemporaine. Certes, il serait inconsidéré de nier la résurgence de ce phénomène, engendré par toutes les périodes chaotiques ou charnières de notre histoire. Cependant si chacun peut être amené aujourd’hui au constat de cette évidence, largement stigmatisée par les médias, il est une autre insécurité tout autant à craindre que celle qui menace parfois nos conditions de vie ou celle qui sévit dans les rues de nos cités, séculaire aussi celle là, que nous enfantons en nous-mêmes et qui se nomme LE DOUTE.

Le doute est l’insécurité qui attaque tout notre être, et se révèle ainsi très difficile à combattre puisque nous en sommes à la fois l’agresseur et la victime. Terrible assaillant qu’aucune force extérieure ne peut maîtriser, nous laissant seul, livré dans la bataille. Le doute est né dans l’essence même de l’être humain et fait partie de sa dualité.

S’il est un domaine où le doute frappe en imposant toutes ses lois, c’est bien la croyance en l’Après Vie, qui tel un ouragan, peut se révéler aussi destructeur, puisqu’il lui arrive parfois, et paradoxalement, de faire une incursion pernicieuse dans la certitude. Il est le grain de sable qui vient gripper le mécanisme bien huilé ; ne dit-on pas que même les plus grand Saints ont dû subir ses cruelles offensives… ? Il est ardu le chemin qui mène à l’abri de ses assauts, mais certainement voulu si l’on considère que tout ce qui est forgé de grande lutte constitue la valeur intrinsèque de l’acquis. Ce doute là nous fait osciller entre chaque plateau de la balance qui détermine l’influence de ce qu’il nous faut croire. Sur l’un, la pesée par autant de poids ajoutés comme le ressenti, l’intime conviction, l’enseignement religieux, le Spirituel, la métaphysique et la Foi ; auxquels sur l’autre plateau sont mis en opposition : le matérialisme, la raison, le cartésianisme, la science, l’empirisme et le nihilisme, qui servent de tare pour un équilibre qui perturbe considérablement le nôtre.

Le doute est bien souvent une réaction d’auto défense, une protection de notre mental face à des phénomènes qui heurtent notre rationalisme ; il devient un processus psychologique. Mais paradoxalement cet implacable ennemi pourra se transformer, éventuellement, en une sorte d’allié, puisqu’il peut aussi nous pousser à chercher plus loin encore, pour peaufiner nos investigations qui affaibliront ses attaques.

Cette incertitude qui peut parfois tarauder nos entrailles a trouvé une virulence particulière dans cette autre concomitance toute contemporaine qui met en opposition science et Foi. Depuis toujours, depuis qu’il a la faculté du raisonnement, l’être humain a cherché à comprendre la philosophie de son existence. Mais le développement de la connaissance scientifique a remis en question les enseignements de la Révélation.
Pour s’édifier, la science en général a besoin d’avoir recours à la raison, au rationnel et à l’empirisme, car le mode de connaissance spécifiquement humain est le raisonnement qui permet de parvenir à des vérités démontrées d’après les règles de la cohérence, ou plutôt de « notre » cohérence, comme de notre physique.
La véritable science est méthodique, mais bien souvent aussi l’orgueil nous empêche d’accepter que notre raison puisse avoir des limites, et que ces démarcations fassent aussi partie de l’homme. Pascal l’a exprimé dans une de ses pensées : « la dernière démarche de la raison est d’admettre qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent. »

De même l’acceptation d’une possible intelligence divine se dérobe à la raison humaine, et lorsque nous la concevons, nous devons nous en remettre à ce que nous nommons la Foi. Mais, pour beaucoup, ce fait est inacceptable car la Foi n’est pas empirique. Si cette croyance informelle peut affirmer certains postulats, elle s’exempte cependant de démontrer leur principe. Néanmoins, il faut admettre aussi que la raison ne permet pas de tout connaître, et arrivé à cette frontière nous devons alors nous en remettre à la Foi pour parvenir à la vérité de l’existence de Dieu, d’une force supérieure ou quel que soit le nom que notre entendement lui attribue, et ainsi de même à la conséquence de notre immortalité.
Se satisfaire uniquement des données de la science, ferait naître en nous un sentiment encore plus cruel d’angoisse et de désespoir. Pour un grand nombre, croire en Dieu exigerait d’outrepasser les bornes du mental que leur lucidité terrestre les empêche d’accomplir. Pourtant, cette même acuité devrait les porter à s’interroger sur le fait qu’aucune science n’est en mesure de comprendre tout ce qui est du domaine des sentiments qui régissent nos émotions et font partie du ressenti, c’est-à-dire de l’intangible et de l’impalpable. La science se révèle dans l’incapacité de démontrer leur principe de vie, et pourtant ils existent, nous en éprouvons tous.
Une réflexion qui peut conduire à la conclusion que science et rationalisme se limitent au monde visible de la matière, puisqu’ils sont dans cette inaptitude à démontrer ou à expliquer le vécu de ces nombreuses réalités abstraites.

Le doute exacerbe aussi notre dualité principalement après l’envol d’un être aimé

Jusqu’à cet instant, si le débat a pu se poser, il se résume à savoir qui des deux, entre science et enseignements de la Révélation, a le plus d’arguments pour défendre sa thèse. Cela fait partie de la réflexion philosophique. Mais lorsque nous avons mis le pied sur le chemin de douleur après la séparation que nous impose la mort terrestre, ce dilemme devient crucial, non seulement pour connaître le pourquoi de notre destinée, mais surtout pour acquérir encore plus de force. Davantage de résistance qui nous permettra de poursuivre face à l’épreuve qui nous terrasse, et nous donnera de surcroît la volonté de ciseler de nouvelles croyances. N’oublions pas non plus que nous sommes les propres architectes de nos certitudes.

Pour croire à l’irrationnel, il faut renoncer à soumettre la Foi à l’esprit critique de la raison et penser plus avant. Foi et raison ne sont pas incompatibles puisque l’une reprend là où l’autre doit s’arrêter. Nous avons tous notre potentiel d’acquis gravé dans le marbre de la certitude par la vérité de nos ressentis, les rationalistes appellent cela l’inconscient en le considérant comme une seconde intelligence exclusive à notre être. Mais, si cette intelligence nous était propre, nous devrions pouvoir la contrôler. Or les soi-disant émanations de notre subconscient ne sont pas prévisibles. L’inconscient ne peut être appréhendé rationnellement, la psychanalyse tente ou plutôt se hasarde à l’interpréter, mais peut-elle être sûre que cette interprétation n’est pas purement subjective, puisqu’elle peut varier en fonction de la personnalité de chacun ? Ce fameux subconscient ne serait-il pas plutôt le sanctuaire où une autre Intelligence agit et nous parle ?

Les manifestations de nos aimés depuis l’autre côté du voile ne peuvent être imputées aux émanations de ce subliminal telles que les conçoivent quelques scientifiques et les gardiens du rationalisme. Il y a d’une part des preuves indéniables qui vont à l’encontre des lois de notre physique et de la logique des raisonnements, mais aussi cette certitude absolue qui ne peut se décrire avec des mots et qui provient de chaque atome de notre être. Ou, encore, cette conviction sculptée par des instants privilégiés qui nous transcendent, parce qu’ils nous ont dans un espace temps, reliés d’âme à âme avec l’être cher qui nous a précédé dans cette Autre Dimension. Mais de surcroît parce qu’aucun bonheur terrestre ne procure une telle intensité qui est le souffle d’un moment, le privilège d’une communion avec une autre dimension. Tous les facteurs qui tendent vers une recherche complète de cet « Ailleurs », ne se trouvent pas concentrés uniquement entre les quatre murs d’un laboratoire, et certains scientifiques ou chercheurs, devraient savoir qu’il peut être parfois constructif de redescendre de temps à autre de l’olympe, parmi nous les simples mortels ( physiques seulement, bien sûr).

Nier tous les faits qui font partie d’un entendement qui nous dépasse, comme disconvenir de l’existence d’une autre Intelligence, quel que soit encore une fois le nom que l’on peut lui attribuer, revient à dire que notre propre existence et le monde même répondent à l’absurde, et n’ont alors aucun sens. Un monde aberrant serait aussi difficilement acceptable selon les critères même du rationnel. Or tout dans l’univers, absolument tout, aussi bien en dehors de l’homme démontre l’ordonnance parfaite, que ce soit le règne animal et végétal ou encore minéral, comme les lois qui régissent le cosmos, sont tous l’expression de l’agencement parfait d’une Intelligence qui nous surpasse.

Dans les prémices de mes recherches j’avais pris connaissance d’un texte concernant l’affirmation de cette théorie : « Qui pourrait dire que tout cela est le produit d’un pur hasard, croire que nous vivons, pensons, travaillons et aimons en vain, serait difficile à admettre puisque alors nous n’existerions pour rien et qu’à tout ce que nous faisons répondrait l’absurde. », mais j’avais lu aussi l’anathème de cette pensée dans ce que disait Albert Camus : « qui voyait dans le mythe de Sisyphe, ce personnage de la mythologie grecque condamné par châtiment divin à rouler un gros rocher jusqu’au sommet d’une montagne, d’où il retombe toujours, obligeant Sisyphe à recommencer sans fin, une illustration de la condition de l’être humain qui passerait son existence à répéter des gestes absurdes parce que notre vie n’aurait aucune signification. »

Mes convictions acquises par vingt ans de recherches, me font dire que l’attitude possible devant cette croyance serait la révolte, qui, seule, peut réagir à l’absence de Dieu, comme le pensait encore Pascal lorsqu’il écrivait aussi : « La connaissance de sa misère sans celle de Dieu fait le désespoir. »
L’unique révolte que nous devons avoir est celle érigée contre la désespérance. Sans l’existence de cette Force Supérieure, que personnellement je nomme Dieu, comme celle toute aussi formelle de notre immortalité, les exigences morales perdent aussi tout leur sens et toutes leurs valeurs. De sorte que nous devons accepter, encore une fois, de recevoir comme possible, les limites de nos facultés de connaissance ; au-delà de ses frontières la Foi seule peut répondre à nos interrogations.

Ne laissez pas le doute envahir votre esprit, car le réconfort et l’espoir que nous avons un jour éprouvés, ne sont pas des sentiments d’une hasardeuse émanation de notre raison, mais dépassent tout entendement quand ils arrivent à fleurir au sein même du plus profond malheur.