Nadine ROUSSEAU

 TEMOIGNAGE de Nadine ROUSSEAU,

par Yves Linès

Il est un témoignage qui m’a été confié et permis de mettre en écriture. Un témoignage que je considère d’une très grande importance, et qui revêt même, à mon sens, une ampleur considérable.

Le chemin des parents confrontés à la terrible épreuve du décès d’un enfant, est celui qui conduit à une descente aux enfers de la douleur. Très souvent, dans notre association, nous rencontrons des parents dont l’un des deux nourrit le dessein d’un départ volontaire pour aller rejoindre plus tôt son enfant de l’Autre Côté du Voile. Il nous est extrêmement difficile d’amener une maman, ou un papa de même à admettre la compréhension d’un autre entendement. Sachant que ce geste aurait pour son auteur une répercussion considérable, je me dois alors de faire une sérieuse mise en garde concernant le funeste projet de « devancer » l’appel dans la conception de retrouvailles anticipées; et dire qu’un tel geste pour convenir d’une fusion prématurée, amènerait immanquablement un effet inverse. Nous en avons pour preuves les divers témoignages unanimes émanant de « Guides » ou de personnes également dans l’Au-Delà, ayant pour mission maintenant de dispenser un enseignement.

Nadine ROUSSEAU est une de ces mamans qui ont fait une incursion dans les abysses de la douleur. Lorsque sa fille Véronique est « partie » dans la fleur de ses douze ans, Nadine a franchi involontairement la frontière de l’irrationnel. Le récit de son témoignage que je vous invite à lire, confirme la mise en garde sur le désir d’un « envol avancé ».  Après le décès subit de sa fillette, cette maman avait planifié son départ qui, pensait-elle, devait l’amener à la finalité de la rejoindre.

J’ai souhaité vous faire partager cette chronologie, et de vous faire vivre ainsi la trame extraordinaire d’une intervention de cet Autre Monde, qui nous prouve que le nôtre est loin d’être la seule réalité qu’il nous est donnée de percevoir.

Je réitère combien la mort d’un enfant, comme celle de tout êtres aimé, quel qu’il soit, nous inflige une blessure d’une violence inouïe. Bien que je reste intimement persuadé qu’il n’y a pas de hiérarchie dans la souffrance extrême, s’ajoute cependant au « départ » d’un enfant l’omniprésence du sentiment horrible d’injustice.

VERONIQUE, la fille de Nadine avait douze ans lorsqu’elle s’est envolée en 1992.

Véro, nous dit sa maman, était une enfant très vivante, extrêmement drôle, très sportive et d’une grande gaieté, elle animait des soirées avec un humour et une hyper activité débordante. Sous ses abords d’enfant insouciante, elle était malgré tout très sensible et avait un jugement très sûr sur les gens qu’elle rencontrait.

Mais voilà qu’un an avant son départ, va se produire un changement extraordinaire dans le comportement de Véronique. La petite fille si enjouée, si dynamique va montrer brusquement une toute autre attitude, par des moments de mélancolie qui laissent paraître une gravité inhabituelle. Dans ces instants particuliers, la fillette tient un surprenant langage, celui qui commence à la faire parler du ressenti de sa mort prochaine. Oui, Véronique tient un discours inattendu dans lequel elle demande à sa maman de se préparer à son « départ », mais affirme que la vie continue au-delà et qu’elle ne manquera pas de se manifester pour lui en communiquer la preuve. La maman nous le dit elle-même :

Elle avait onze ans, un an avant son départ, lorsqu’elle commença à me dire qu’elle pressentait qu’elle allait mourir, que je devais me préparer à ce départ, qu’elle était triste parce que j’allais souffrir, mais qu’elle serait toujours là pour m’aider, que la vie continuait après la mort, et qu’elle me ferait des signes pour me le prouver.

Nadine se trouvait soudain plongée dans l’incompréhension, s’effrayant d’entendre sa petite fille dire toutes ces choses inhabituelles, tenir de tels propos qui non seulement ne se situaient pas dans l’optique du cartésianisme et du matérialisme de cette maman, mais qui de surcroît étaient loin d’être commun, et particulièrement interpellant dans la bouche d’une enfant de cet âge. Nadine elle-même ne s’étant jamais intéressée, ni documentée sur le sujet d’une possible après-vie terrestre, n’avait pu de ce fait influencer en quoi que ce fut la pensée de Véronique :

Durant cette année de 1992, ses propos sont devenus de plus en plus précis, parfois je refusais de l’écouter en essayant de la rassurer et de lui dire qu’elle était en parfaite santé, qu’elle n’allait pas mourir. Mais elle insistait, me soutenant que je devais l’écouter, qu’elle avait des messages à me transmettre, et que c’était important.

Dans une incompréhension qui s’accentuait, Nadine fit faire à sa fille un bilan de santé dans le but de lui démontrer que tout allait pour le mieux, et tenter de lui ôter ce qu’elle pensait n’être que des idées morbides. Bien sûr les examens s’avérèrent négatifs, mais cependant Véro poursuivait dans ses prédictions. Prédictions est le mot exact qu’il convient d’employer, car quelques jours avant son décès :

Un matin, au petit déjeuner, je la trouvais pensive. Elle nous annonça très calmement que durant la nuit elle avait rêvé de son enterrement. Je me suis mise alors en colère , mais elle a poursuivi en décrivant des scènes très précises concernant le déroulement de ses funérailles, nous présageant aussi pour ce jour-là, la présence de certaines personnes, jusqu’à décrire la tenue vestimentaire qu’ils porteraient pour la circonstance.

Le 31 juillet 1992, en sortant de la piscine, Véronique tombait terrassée par une rupture d’anévrisme.

Deux jours plus tard dans sa terrible et terrifiante douleur, Nadine Rousseau vivait les obsèques exactement comme l’avait prédit et relaté sa fille, au détail près!!!Les personnes décrites par Véronique quelques jours plus tôt étaient présentes, et vêtues aussi comme elle l’avait détaillé.

Dans sa souffrance, et toujours dans cet état total d’incompréhension Nadine se souvint alors des paroles et des conseils de son enfant, mais la douleur est telle que dans son intériorisation  elle veut rejoindre sa fille. Sa décision est prise, et durant les quelques jours qui s’en suivent, et qu’elle consacre à faire restaurer le caveau de famille en mauvais état, elle stocke les cachets qui lui ont été prescrits par son médecin pour tenter de surmonter ce terrible choc, mais aussi pour l’aider à dormir, avec le dessein d’en user ultérieurement pour concrétiser son funeste projet… Pourtant en même temps, vont débuter les premiers signes de Véronique, tel la lumière du plafonnier de la chambre qui s’allume et s’éteint sans que quiconque actionne le commutateur et, de plus, conforme à ce que l’enfant avait prédit à sa mère. L’espoir renaît, mais Nadine a trop mal et le désir de rejoindre sa fille, de ne pas vivre sans elle, la submerge toujours, d’ailleurs elle a déjà décidé la date de son propre départ et en a planifié toute l’exécution.

Mais voilà que le destin veille, le destin…ou le doigt de Dieu ?

Ses chemins ne sont pas les nôtres, mais ils sont néanmoins merveilleux et se révèlent souvent d’une cartographie si surprenante, qu’elle en certifie une indéniable authenticité. C’est ainsi que peu de temps après, la mère de Nadine présente à sa fille une de ses collègues de travail, qui s’avère être médium et qui a la faculté de communiquer avec son père décédé. Cette personne veut absolument parler à la maman de Véronique pour lui transmettre, dit-elle, un « message » de la part de la fillette, mais donné par le papa de ce médium depuis l’Invisible et qui s’est annoncé comme faisant l’intermédiaire :

… cette femme médium m’entraîne à l’écart et m’apprend qu’elle communique avec son père depuis qu’il est mort, et que cette nuit elle a reçu un message de sa part dans lequel il lui demandait de me contacter, de venir me trouver pour m’apporter un message de ma fille. La médium me dit ne pas en comprendre la teneur, mais espère que j’en saisirai le sens.

Le message disait: « Maman ne fais pas ce que tu as prévu, ou tu ne me reverras pas ! »

Je reste sans voix, je ne peux plus bouger, le trouble que je ressens est tellement  fort que je ne peux plus réagir. Véronique m’avait tellement et si souvent répété qu’elle se manifesterait et que nous arriverions à communiquer toutes les deux. Je ne voulais pas croire à ce que je venais d’entendre, bien que pourtant petit à petit les prédictions de Véro se réalisaient. Au bout d’un long moment je remercie cette dame en lui confirmant que je comprenais la pleine signification du message ; je suis livide, tous le monde autour de moi s’en rend compte…

Nadine a bien sûr abandonné son fatal projet. Dès lors les évènements ont été une succession de Grâces qui ont éclairé pour Nadine un chemin nouveau. Bien sûr les premiers pas ont été hésitants, pénibles même, mais les signes se sont multipliés toujours aussi beaux, toujours aussi vrais et Nadine a su faire l’effort de les voir, de les entendre et de les écouter. Les contacts qu’elle a pu également, elle aussi, établir avec sa fille lui ont permis la prise de conscience que Véronique était toujours près d’elle, et lui ont de surcroît donné un sens nouveau à sa vie. Il faut également ajouter, parce que d’une grande importance, combien Nadine a été merveilleusement aidée et accompagnée sur ce chemin par Patrick, son mari.

Cet extraordinaire récit ne peut manquer de nous interpeller dans le conscient de notre intellect, et lorsque notre entendement à acquis la conception d’une Autre Dimension qui nous est destinée aussi, il nous permet de lever indubitablement le voile sur l’une des plus grandes questions de l’humanité. Ce témoignage consacre aussi l’aide sublime qui nous est accordée dans l’épreuve pour nous donner la réalité que la vie est éternelle, et que jamais nous sommes séparés, même si l’œil temporairement ne voit plus. Mais bien plus encore, puisque l’annonce  des signes que Véronique donnerait post-mortem, a été faite pré-mortem par la fillette. Non seulement elle a prédit l’imminence de sa mort, mais de surcroît a relaté le déroulement de ses funérailles, et prophétisé les manifestations depuis cet Ailleurs qu’elle donnerait à sa maman, et qui se sont effectivement produites.

Oui nous sommes merveilleusement aidés si nous voulons nous en rendre compte, et le concevoir. Aussi j’ai l’envie de rappeler la dernière phrase de ce beau poème que l’on attribue à Adémar de Borros, intitulé « LA TRACE », ou également sous le titre « TRACE DANS LE SABLE », et qui relate la vision d’un homme à qui l’on montre son chemin de vie, sur lequel il peut voir dans les bons moments deux traces de pas sur le sable, les siennes et celles de Dieu qui chemine à ses côtés ; mais qui constate dans les instants pénibles et de douleur, qu’il n’y a qu’une seule trace, et qu’il croit être seulement la sienne. L’homme en fait la remarque au Seigneur, et lui demande dans un élan de reproche : « Où étais-tu mon Dieu dans les circonstances difficiles qu’il m’a été données de traverser ? » et Dieu lui répond : « Dans les moments les plus pénibles, Je t’ai porté sur mes épaules ».

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