Anthony

Par Yves Linès

Les prémices de ce qui allait être un dur cheminement pour le petit Anthony, comme pour Florence et Laurent ses parents, commencèrent le 1er octobre 1997. C’est à cette date que le spectre de la maladie venait frapper à la porte de la maison du bonheur. Jusque là rien ne présageait la genèse du long chemin de Croix qui allait mener toute la famille au calvaire de leur Golgotha.

A la veille de ses 3 ans, Anthony donnait les premiers signes inquiétants d’un problème majeur qui sournoisement affectait sa jeune santé. Des visites chez les médecins où au début rien d’important n’était décelé mais qui angoissaient tant soit peu les parents, jusqu’aux examens cliniques qui diagnostiquaient au final le constat terrible d’une leucémie venant frapper l’enfant dans toute l’insouciance de ses premières années de vie.

Commença alors un long et difficile processus pour toute la famille qui devait vivre désormais dans le terrible bouleversement où peut contraindre l’ombre de la maladie. L’existence de Florence et Laurent comme celle de leur second fils Nicolas, basculait dans une autre dimension que leur imposait maintenant ce vécu dicté par l’épreuve qu’ils traversaient. L’objectif premier et louable mais surhumain était d’apaiser les inquiétudes d’Anthony qui perçaient malgré son jeune âge, en donnant à l’enfant la vision d’une vie qui continuait de se dérouler dans une plénitude sereine.

Après huit mois de traitement il y eut l’espérance apportée par le corps médical qui annonçait le probable réconfort d’une éventuelle rémission. Subsistaient cependant une épée de Damoclès puisqu’une possible guérison ne pouvait être entérinée qu’après une dizaine d’année. Anthony reprit une vie normale sans aucune séquelle malgré pourtant ces quelques mois antérieurs d’une thérapie assez lourde. Lui-même de tout son courage disait : « On va la battre cette maladie. »

Alors que l’espoir insensiblement renaissait au sein de la famille, la veille de ses 6 ans, le 28 octobre 2000, la terrible nouvelle que tous redoutaient s’annonçait par les signes précurseurs qui sonnaient l’alerte de la rechute.

Une nouvelle descente aux enfers recommençait pour tous !

Une thérapie encore plus lourde puisqu’elle réclamait cette fois une greffe de moelle osseuse avec la nécessité impérieuse de trouver un donneur compatible. L’insoutenable attente qui se révéla vaine, conjuguée avec l’intolérable constat pour les parents du déclin physique de leur enfant.

Le 15 novembre de la même année Anthony regagnait le Ciel en prononçant ces derniers mots aux infirmières : « Laissez-moi tranquille, je veux dormir. »

Le décès d’un être aimé inflige une blessure d’une violence inouïe. Florence, Laurent et Nicolas entraient dans les abysses de la douleur. Que dire ? Que dire à des parents qui viennent d’être séparés d’une partie d’eux même, que leur dire sinon souhaiter tout le courage nécessaire pour surmonter cette terrible et terrifiante épreuve ; que faire, face à notre impuissance, comment aider, quel réconfort pouvons-nous apporter devant la révolte, de ce qui leur apparaît comme la plus grande injustice, et qui va même jusqu’à renier Dieu.

Pourtant qui ? dans cette puissante douleur faisait dire à la maman devant le petit corps inerte de son enfant : « Anthony Monte vers la lumière. » Qui lui donnait déjà ce ressenti d’une possible survivance, alors que dans sa rébellion il lui était pour l’heure impossible d’adresser la moindre prière à ce Dieu qui venait de lui ravir une partie de son âme.

Pourtant dans sa grande miséricorde « IL » répondait à ce désespoir en leur ouvrant une porte sur une autre compréhension, une porte qui n’allait plus jamais se refermer.

Il est force de constater combien l’on peut nous donner en filigrane une guidance qui doit nous placer sur un chemin d’espoir. Cet appui s’est présenté par la rencontre d’une autre maman dans le même vécu, qui aiguillat les parents d’Anthony vers une association d’aide aux personnes en deuil. Par ce groupe qui organisait de grandes rencontres sur le thème de l’après vie ils firent au cours d’une d’elles la connaissance d’Anne Ray Wendling, qui reçut pour eux un message de leur fils en écriture médiumnique, je vous en livre le texte :

« A Florence et à Laurent, votre douleur doit être joie, joie, joie, c’est dur à dire mais le petit est si heureux, si près de vous. Il a regagné très vite les hautes sphères divines, comme un ange qui jouerait là haut. Ils vous aiment vos enfants de manière si différente, « La chambre, la chambre » mais cela ne fait rien, plus rien car je suis en vos cœurs. N’ayez crainte, n’ayez crainte, oui je vous enverrai des preuves, oui et pour répandre l’amour »

Ce texte destiné aux parents eût une portée considérable puisqu’il comportait un extraordinaire signe de reconnaissance. Depuis le départ de leur fils la maman et le papa n’autorisaient l’accès de la chambre d’Anthony à leur autre enfant Nicolas, que sous condition de ne mettre aucun désordre dans la pièce, afin de respecter le caractère ordonné qui était le propre de son petit frère. Nicolas qui avait voulu désormais dormir dans cette chambre était à l’inverse quelque peu négligeant et s’était vu pour ce motif renvoyé dans la sienne. Par ce message en écriture médiumnique dans lequel il était dit : « La chambre, la chambre, mais cela ne fait rien car je suis dans vos cœurs », l’enfant voulait depuis l’Au-Delà non seulement apporter un merveilleux signe de reconnaissance à ses parents, mais également faire comprendre que ce point de détail n’avait plus aucune importance, qu’il fallait au contraire continuer à faire vivre ces lieux, parce que le souvenir ne se trouvait pas dans les choses, mais dans leur cœur siégeait sa réelle présence.

Le message avait aussi commencé à fissurer le scepticisme du papa qui se révélait jusqu’alors d’une nature très cartésienne.

Il y eut un autre écrit reçu encore par Anne Ray Wendling pour la grand-mère cette fois :

“A Mamie et à Papé je suis votre Guide, votre ange à tous deux, sachez que votre route est belle et généreuse à tous les deux, votre petit est avec vous dans la lumière et l’Amour. Votre route est encore très longue à tous les deux et vous aurez à porter notre message, notre présence merci et protection sur vous tous surtout grâce au petit.”

On comprend dans ce message que la première phrase est donnée par l’enfant mais qu’une autre personne prend ensuite le relais. Au cours des conférences organisées à Valence, en novembre 2001, toujours par cette association d’aide où j’intervenais également sur le thème de la transcommunication, les parents d’Anthony purent ce même jour entendre les différentes interventions sur ce sujet de la TCI, et écouter quelques voix paranormales reçues par cette technique d’enregistrement. Interpellés par ce moyen qui permet le contact avec l’autre rive de notre existence, nous eûmes l’opportunité de discuter au cours de la journée et nous convînmes d’un rendez-vous postérieur pour procéder chez eux à une expérimentation.

Le 23 mars 2002, j’étais avec un de mes collaborateurs, David, chez Florence et Laurent Rodriguez, dans leur village de l’Hérault, pour un contact TCI avec le petit Anthony. Nous eûmes le bonheur et la Grâce de recevoir des messages.

Deux belles phrases entre autre ; celle-ci pour sa maman : « Maman je viens tout le temps » ou encore à l’intention de son papa en réponse à une question précise : « Je viens pour lui ». Nous reçûmes aussi l’intervention d’une autre personne qui était aux côtés de l’enfant pour l’aider, et qui nous dit : « Il est heureux. »

Famille_RODRIGUEZA partir de ce moment Florence et Laurent ont entrepris un autre chemin, celui qui les a conduit vers l’espérance par la recherche dans le discernement. Ils ont construit leur certitude, guidés par l’amour et le soutien d’Anthony. Ils sont la preuve tangible qu’il est possible de transcender cette douleur par l’énergie de l’amour magnifié que nous prodiguent nos aimés depuis cette immortalité d’où ils nous attendent.

Tous deux ont trouvé maintenant la force que donne la vérité de notre survivance, cette puissance leur assure le dynamisme d’aider par leur témoignage, d’autres parents qui traversent les mêmes chemins de douleur et d’incompréhension. C’est également une aide précieuse qu’ils apportent aussi à leur fils Anthony, une aide sublime parce qu’elle contribue à l’évolution spirituelle de l’enfant vers les plans de Lumière. Nos aimés nous aident depuis l’Astral, mais nous pouvons et « devons » de même les épauler, c’est un échange qui doit se faire dans une communion réciproque.

Ils ont acquis ce potentiel non seulement par la conviction de la survie de leur fils, mais aussi pour leur second enfant Nicolas qu’ils doivent conduire ici sur les chemins de sa jeune existence. Certes s’ils savent maintenant l’évidence de la vie éternelle qui leur promet la certitude des retrouvailles futures,il n’en demeure pas moins que subsistera sur ce plan terrestre le manque cruel de la présence physique de leur petit ange, mais combien il s’en trouvera allégé par l’assurance de ce jour qui viendra où ils pourront à nouveau s’étreindre dans le bonheur.

Note : Nous avons tenu à montrer 2 dessins réalisés par le petit Anthony Rodriguez. Deux dessins faits à l’hôpital lors de sa rechute. Il est force de se rendre à l’évidence qu’il a eu à cette période fatale la Grâce de ce que l’on nomme une vision pré mortem. Vision qu’il a retranscrite sur le papier avec les possibilités de son jeune âge.

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On peut distinguer que le personnage ne touche pas le sol qui est figuré par la bande verte, de plus il est représenté enfermé dans une sorte de bulle comme s’il était protégé ou faisant partie d’un autre plan, et très souriant.

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Là aussi le personnage semble s’être élevé dans les airs, le sol n’est même plus figuré. En retrait est représenté le tunnel qui sépare les deux mondes, celui que nous décrivent tous ceux qui ont vécu une E.F.M (Expérience aux Frontières de la Mort). Ce tunnel est dessiné comme un tunnel de chemin de fer, c’est à dire avec la représentation naïve d’un enfant ; cependant il figure bien ici celui qui donne accès à l’Au-Delà . L’on peut voir les parois coloriées en noir et l’intérieur tout en jaune clair qui symbolise cette sublime Lumière dans laquelle arrivent tous ceux qui ont fait le passage. On notera également que le personnage est quelque peu penché vers la direction de ce tunnel, ce qui donne l’impression qu’il s’y dirige ; et toujours un grand sourire sur la figure.

Je tiens à préciser qu’ayant vu un dessin qu’Anthony avait exécuté antérieurement et durant aussi sa maladie, le graphique donnait alors à voir un personnage avec une figure triste sur des couleurs d’arrière plan sombres, beaucoup de rouge et de noir. On comprenait que le personnage symbolisait la tristesse et la souffrance dans un décor apocalyptique.

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